Succès du Cabaret !

Nous avons joué à guichet fermé au Tagelkarn Theater et au Theatermuseum de Düsseldorf. Public joyeux et enthousiaste pour notre petite troupe de 14 à 73 ans, le Cabaret de la Joie ou Troupe d’Eliza ! Bientôt Paris ? « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ou de réussir pour persévérer ».Devant le Theatermuseum la surprise pour la « coach ».Toute la troupe a signé sur le ballon d’helium en forme d’étoile qui …… s’envole dans le ciel, emportant avec lui un peu de l’âme de notre troupe « Cabaret de la Joie ». Devise : Summa cum Gaude.cf. la Page dédiée

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Le talent de Marie Godest

Au fin fond du Morbihan, Melrand, petit village au lacis des routes – 1 500 habitants, près de Pontivy. Et l’atelier original d’une jeune femme peintre, Marie Godest. Je vous laisse juge de son univers gai, parfois déconcertant, qui m’a séduite durant ma semaine en Bretagne chez mon amie Edith, ancienne présidente des libraires de Bécherel.
Marie Godest

La Chance, Barbara et les Neiges du Kilimandjaro

Curieux cinéma que ce cinéma allemand. Et d’abord, découverte d’une cinéaste, Doris Doerrie, à travers un film, « Glück » (« Chance »), histoire terrible d’amour et de crime entre une jeune sans-papiers yougoslave ou « de par là-bas » dont la vie a basculé du bonheur quotidien au milieu des tartines de miel à l’horreur des viols par des soldats ennemis, et un sdf craquant, sans oublier son chien – bouleversant ! Dommage que la fin bascule (à l’allemande ?) dans le grand guignol des membres découpés au couteau à pain et du sang clapotant dans tout l’appartement. Dommage aussi que les scènes de sexe (elle se prostitue pour gagner son blé) soient aussi nombreuses, insoutenables et trash. Car il est des moments de grâce et de prouesse cinématographique. Pour en savoir plus si vous parlez allemand, interview de la réalisatrice. Reste le jeu de Vinzenz Kiefer et d’Alba Rohrwacher, étonnant de justesse. De sa vingtaine de films, aucun semble-t-il n’a été connu en France.
Barbara de Christian Petzold (Ours d’Argent 2012 à Berlin) l’est-il plus ? Nina Hoss joue la dame médecin qui vit un quotidien de méfiance et de frustrations dans l’Allemagne de l’Est, neuf ans avant la chute du mur. Les paysages sont beau, la mer est là, l’amour aussi quand son amant franchit la frontière. La police secrète passe. Seul moment d’émotion du film : quand la jeune Stella s’échappe de son camp de travail. Car le problème est là : dans ce film si bien maitrisé, on voit plus la maîtrise que l’empathie. Rien ou presque ne vit parmi les vivants. Sauf peut-être le jeune médecin qui voudrait bien vivre. Climat fantômatique, un peu morbide, de perte d’identité ou plutôt de flottement d’identité, avec des femmes fortes qui tentent de se dépatouiller d’un quotidien où la frontière hermétique tient le rôle de ligne d’horizon. Sur ses photos, Christian Petzold est un bel homme triste.
Tout cela était projeté dans l’un des cinémas d’art et d’essai de Düsseldorf, Bambi. Dans un autre, rue du Tailleur Wibbel (dont l’histoire est fort bien racontée par une passante virtuelle), vu « Les neiges du Kilimandjaro », film superbe de Robert Guédiguian. Car ici la première projection est (un seul jour) en version originale, puis projetée en allemand. Un mélo lumineux, loin des idées toutes faites – les syndicats en prennent un coup -, un film dur, généreux, avec des acteurs incroyablement inspirés !

CanalAcademie.com

A quelques jours près s’éteignent un grand écrivain, Félicien Marceau (Creezy adapté à l’écran par Granier-Deferre, L’Oeuf, La Bonne Soupe), et un grand cinéaste-écrivain et homme tout court, Pierre Schoendoerffer (Le Crabe Tambour, la 317è Section, L’Honneur d’un Capitaine) qui avait épousé Pat Chauvel, soeur de mon ami Jean-François Chauvel, grand reporter qui dirigeait l’émission où j’ai longtemps oeuvré à la télévision. C’était une époque où où le vent de la mer et de l’aventure soufflaient, où Dien-Bien-Phû était proche, où les journalistes de grand reportage rapportaient des fragments d’écume et de grandeur, de tragédie et d’aventure, où la presse était traversée d’une ivresse qui remontait à Kessel et Albert Londres. Héritier de la lignée, le fils de Jean-François, le neveu de Schoendoerffer, le grand reporter photographe Patrick Chauvel.
Restent dans ma mémoire ces moments privilégiés où, grâce à Canal Académie, j’ai pu interviewer Félicien Marceau, en 2007, dans sa villa de Neuilly – une légende pour moi qui avais vu très jeune Marie Bell dans La Bonne Soupe ! – ; puis Pierre Schoendoerffer, à la fin de la même année.